Une formation de 400 heures puis un CDD : à partir du 1er octobre, l’horizon se dégage pour 34 demandeurs d’emploi (dont 14 victimes de la liquidation de la Selni), recrutés par le Technicentre industriel SNCF de Nevers, dont la production se développe en 2019-2020. L’opération inédite est le fruit d’un partenariat efficace avec Pôle emploi, les services de l’État et Nevers Agglomération.

Remis sur des rails, dans le bon wagon, sortis du tunnel… Les métaphores ferroviaires se prêtent au monde du travail et à son revers, celui du chômage. Jeudi 20 septembre, dans une salle du Technicentre industriel SNCF de Nevers, 34 demandeurs d’emploi étaient réunis pour une conférence de presse dont ils étaient les héros. « C’est vous qui êtes un peu les stars, aujourd’hui », sourit Christophe Ravisé, directeur d’un établissement centenaire que les Nivernais connaissent sous le nom historique des Ateliers de Vauzelles. « Nous organisons rarement une telle manifestation quand nous avons de nouveaux arrivants, mais la situation est particulière car nous avons la chance et la joie d’accueillir une trentaine de personnes d’un coup. »

Massif, le recrutement anticipe une hausse de la production du Technicentre, où sont entretenues et réparées des rames, locomotives et pièces de TER, RER, tramways, etc. « Nous avons 800 salariés en production, dont 100 intérimaires, et 200 salariés pour l’ingénierie. Nous devrons être 850 en production en 2019, et le carnet de commandes sera encore plus développé en 2020 », détaille Christophe Ravisé. Le besoin de main-d’œuvre coïncide, à quelques mois près, avec la liquidation de la Selni, qui a laissé plus de 80 salariés à quai : « On a suivi l’actualité, et on s’est dit que des gens avaient un malheur, nous un bonheur, et qu’on pouvait concilier les deux. »

De fait, le plan de recrutement élaboré avec Pôle emploi et la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) a permis à 14 anciens de la Selni d’être retenus parmi les 34 demandeurs d’emploi qui débuteront, le 1er octobre, la formation préalable à un CDD d’intérimaire au Technicentre : « Cette formation a un coût, de plusieurs centaines de milliers d’euros, et chaque euro investi doit aboutir à l’emploi », a insisté Marc Nivard, responsable du pôle Entreprises de Pôle emploi Nevers. De 22 à 57 ans, les futurs stagiaires de la formation professionnelle ont été retenus parmi 70 candidats, au cours de trois séances de job dating. Marc Nivard a salué « l’ouverture d’esprit » des recruteurs du Technicentre, « qui ont donné leur chance à tous les demandeurs d’emploi, sans critères trop restrictifs ». L’opération s’inscrit dans le Plan d’investissement sur les compétences  (PIC), un nouveau dispositif mis en place par le gouvernement, «  qui permet de former les demandeurs d’emploi ».

Les 34 candidats retenus auront droit à une formation, la partie pratique en atelier (avec un tuteur pour cinq), et à deux semaines de cours théoriques dispensés par les formateurs (1) du Technicentre dans l’Inkub, mis à disposition par Nevers Agglomération, partenaire naturel d’une telle opération : « Ce partenariat est né parce que nous avons fait de l’attractivité du territoire notre priorité, pour pérenniser les emplois et en créer », a rappelé Denis Thuriot, président de Nevers Agglomération. Le rapprochement s’est fait lors d’une réunion d’industriels locaux, animée par Patrick Sinz, directeur de l’Innovation, de l’enseignement supérieur et du développement économique de l’Agglomération, afin de connaître leurs besoins en formation : « Nous avons pu trouver cette solution avec une belle entreprise qui a de l’avenir. Cela montre qu’en se serrant les coudes, on peut y arriver. C’est une expérimentation qui pourra servir pour d’autres entreprises. Vous avez vécu des moments difficiles, j’espère que vous retrouverez le sourire. »

 

  1. Pour financer l’intervention des formateurs, 30 000 € sont versés au Technicentre, au titre du PIC.
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