Ce vendredi 16 Février dans la salle de conférence de la CCI (74 rue faidherbe, 58000 NEVERS) se tenait une conférence particulière sur le thème de l’Agritech. Par ce terme comprenez la technologie au service de l’humain dans le domaine de l’agricultureUne conférence qui se tenait à Nevers avec des interlocuteurs …. à Tokyo !

Pour introduire cette présentation jonglant entre l’anglais et le français, pour comprendre et se faire comprendre des interlocuteurs situés au pays du soleil levant, Alain BOURCIER (Vice-Président de Nevers Agglomération en charge du Numérique), Jean-Michel SERRE (Président Orange Lab Tokyo), Véronique MORLIGHEM  (Déléguée Régionale Orange) ainsi que Catherine HAMELIN (Directrice Groupe CCI Formation) ont pris la parole. Ces derniers n’ont pas manqué de rappeler l’importance des enjeux agricoles liés à la technologie, insistant notamment sur la situation démographique mondiale, qui table sur un nombre de 9,3 milliards d’habitants d’ici 2050. Un nombre impressionnant qui induirait une augmentation de 5 milliards de tonnes des aliments à générer pour subvenir aux besoins de cette population.

Si l’agriculture est à ce jour maîtrisée par l’homme, elle est chaque jour confrontée à des demandes de production qui s’accroissent, si bien que l’homme seul n’est plus tout à fait capable d’y parvenir. C’est pourquoi, les chercheurs se sont posés la question de l’introduction des technologies dans ce domaine, afin de palier aux limites de l’homme tout en augmentant la productivité. Alexis Chesnel, intervenant depuis Tokyo a présenté les défis qui se présentaient à l’agriculture au Japon : Baisse de la population active, revenus en baisse, métiers longs et difficiles à maîtriser totalement, dangers et risques liés à l’activité … . Face à ces problèmes, ce dernier dresse un portrait d’une technologie : la Smart Agriculture, capable d’aider l’humain à leur faire face : le robot autonome peut permettre de récolter en situation de sous effectifs humains, l’augmentation des rendements suscitée par la technologie s’opposerait à la baisse des revenus. L’accès au Big Data permettrait d’apprivoiser les ficelles du métier de façon beaucoup plus rapide et l’utilisation de robots en zones dangereuses réduirait de façon indéniable les risques.

La prise de conscience a déjà eu lieu au Japon quant à la nécessité d’introduire la technologie dans ce secteur d’activité. Pour preuve, en 2017 ce marché représentait 93,2 millions d’euros et les prévisions pour 2023 sont de l’ordre de 256 millions d’euros. NTT DOCOMO équivalent Japonais d’Orange en France a créé « Paddy Watch » un capteur qui permet de récolter les informations contenues dans le sol, notamment des rizières, et de les diffuser sur réseau mobile via le cloud. Ainsi les agriculteurs reçoivent directement sur leur téléphone les indications à suivre pour améliorer leurs productions. Statistiquement, cette outil permet de réduire de 30% le temps de travail, en augmentant le temps de réaction et de ce fait, en permettant l’accentuation de la productivité. Alexis Chesnel mentionne également deux autres innovations d’importance au Japon : le « Mobile Gyunkei » un capteur situé à l’intérieur du bétail permettant de contrôler sa santé à distance, et le « Kubota » un tracteur semi autonome équipé de 4 caméras et de capteurs lui accordant une marge d’erreur de seulement 10cm.

Hiroshi Nishikawa, collaborateur Orange Japonais, a ensuite pris la parole à propos des start ups engagées dans le domaine de l’agriculture technologique. Ces dernières se spécialisent dans la recherche en dronautique, en analyse, en irrigation, en capteur et en agriculture nouvelle génération, afin d’appréhender au mieux les besoins d’aujourd’hui et de demain pour y répondre de la meilleure des façons.

Le numérique était donc aujourd’hui au coeur des débats, comme cela est souvent le cas à Nevers et sur son agglomération. Positionné en fer de lance du développement de notre territoire, le numérique prend une place chaque jour plus importante dans notre quotidien et avec lui, notre territoire s’exporte de plus en plus au-delà de ses frontières et même à l’international. Pour preuve, si aujourd’hui nous étions liés à l’Asie à travers le Japon, il y a encore quelques semaines c’est l’Amérique qui nous accueillait au travers de Las Vegas.

 

 

 

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