Après Belfort en 2017, Nevers Agglomération a accueilli un séminaire d’échanges sur la gestion du risque inondation entre collectivités de Bourgogne-Franche-Comté. Le partage des bonnes pratiques et la recherche d’une meilleure communication auprès des habitants ont été au cœur de cette rencontre novatrice.

Chaque territoire a sa mémoire des crues. Nevers a gravé au mur de ses maisons les rages centennales de la Loire en 1866 ou 1907. Dans le Territoire de Belfort, les ravages de 1990 sont encore un souvenir frais pour Marie-Claude Chitry-Clerc, aujourd’hui vice-présidente en charge de l’environnement au Conseil départemental, adolescente à l’époque, qui n’a pas oublié les ponts arrachés, le quotidien chamboulé. « Chez nous, les crues arrivent et repartent en une demi-heure. Dans la Nièvre, vous avez le temps de vous y préparer », expliquait l’élue en conclusion du séminaire organisé mercredi 13 juin dans l’amphithéâtre de Nevers Agglomération.

Comme en 2017 dans le Territoire de Belfort, services de l’Etat et élus se sont retrouvés pour échanger sur la gestion du risque inondation. De l’est à l’ouest de la Bourgogne-Franche-Comté, si les crues n’ont pas le même visage, leurs effets restent les mêmes. Le séminaire a pour but de « partager les bonnes pratiques », selon Marie-Claude Chitry-Clerc : « Nous devons mettre en commun les travaux des différentes collectivités, car l’eau n’a rien à faire des limites administratives. »

Au nom de Denis Thuriot, président de Nevers Agglomération et maire de Nevers retenu par une obligation pour la conclusion d’un séminaire qu’il avait ouvert, Isabelle Bonnicel, vice-présidente en charge du cycle de l’eau, a détaillé la Stratégie locale de gestion du risque inondation (SLGRI) du territoire de Nevers, définie en coopération avec la préfecture. Le Programme d’actions et de prévention des inondations (PAPI) consacrera 23 millions d’euros, d’ici 2022, à l’anticipation de crues deux centennales. Une « culture de la prévention » plus forte que la « culture du risque », pour Denis Thuriot, tandis qu’Isabelle Bonnicel évoque une « culture de la résilience » face à la Loire.

La préfète du Territoire de Belfort, Sophie Elizéon, pilote la stratégie de l’Etat en Région sur le développement de la culture du risque : « La gestion du risque inondation doit se faire dans une approche intégrée à l’éducation, à l’urbanisme, à l’adduction d’eau potable, au développement économique. » Enjeu prioritaire, la communication auprès du grand public mérite réflexion – et réfection : « D’autres méthodes que les réunions publiques doivent être trouvées. »

Son alter ego nivernais, Joël Mathurin, a naturellement appuyé son message, en soulignant au passage « la qualité du travail mené dans la Nièvre » qui a mené à l’élaboration de la SLGRI dès 2016 et la signature du PAPI en 2017, « un des premiers en France ».

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