Menu

Venue dans la Nièvre lancer la Semaine nationale de l’artisanat, Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, a goûté au « speed making » pour l’opération Artisan d’un jour. Au menu, dessin sur faïence, martelage de métal et… fabrication de paupiette.

Le geste auguste du faïencier, la force maîtrisée du ferronnier, le coup de main du boucher-charcutier rejoignent désormais, sur le CV de Delphine Gény-Stephann, ses diplômes de Polytechnique et de l’École des Ponts, ses postes au ministère des Finances et dans le Groupe Saint-Gobain.

La secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances était dans la Nièvre, vendredi 16 mars, pour lancer la Semaine nationale de l’artisanat. En donnant l’exemple – et de sa personne –, via l’opération Artisan d’un jour. Émaillage et dessin sur soucoupe dans la faïencerie Georges (Nevers), martelage d’étain dans l’Atelier François Pouenat (Varennes-Vauzelles), et enfin façonnage d’une paupiette de veau à la boucherie Éric Dulat (Saint-Pierre-le-Moûtier) ont transformé la matinée nivernaise de la secrétaire d’État en un stage découverte express des facettes de l’artisanat.

À l’écoute et concentrée, Delphine Gény-Stéphann a joué les élèves modèles au milieu d’une cohorte d’officiels (1) et d’une nuée d’appareils photos. « L’artisanat représente 1,3 million d’entreprises, dont beaucoup sont petites. Il est important de comprendre comment elles fonctionnent, de les aider à se lancer, à se transmettre, à recruter du personnel formé, en articulation avec la réforme de l’apprentissage. C’est un enjeu de croissance », expliquait la secrétaire d’État avant de quitter l’Atelier François Pouenat, sa deuxième étape de la matinée.

Avec le ferronnier vauzellien et la faïencerie Georges, tous deux auréolés du prestigieux label Entreprise du patrimoine vivant (EPV), l’excellence de l’artisanat était à l’honneur. Tout sauf un hasard : « Le label EPV a été mis en place pour rendre plus visible l’artisanat d’art et le valoriser à l’international. Ce sont des entreprises fragiles, pour lesquelles il peut y avoir des retournements. Notre objectif est de simplifier la vie des artisans au jour le jour, de rendre les dispositifs plus lisibles, plus simples, plus attractifs. »

Sans tirer de bilan définitif, avant le test de la paupiette, de son expérience d’artisan d’un jour, Delphine Gény-Stephann appréciait les premiers échanges avec Carole Georges et François Pouenat : « Les artisans sont des entrepreneurs qui ont des problématiques d’emploi, de réglementation, de financement. Ce matin, j’ai vu beaucoup d’enthousiasme, beaucoup de projets, beaucoup de prise de risques, aussi. »

Tandis que Denis Thuriot se réjouissait de ce coup de projecteur sur la Nièvre, Emmanuel Poyen voyait dans cette visite « un honneur et une reconnaissance » dans un contexte toujours délicat pour l’artisanat, « première entreprise de la Nièvre » avec ses 3 932 entreprises et 6 390 salariés : « L’artisanat redémarre mais il reste fragile, la crise a provoqué une perte énorme de salariés dans les entreprises. Certains métiers sont en tension, ils manquent de main-d’œuvre, de personnel qualifié. C’est pour cela que nous comptons sur la réforme de l’apprentissage. »

 

(1) Parmi lesquels Joël Mathurin, préfet de la Nièvre ; Bernard Stalter, président de l’Assemblée permanente des chambres des métiers et de l’artisanat ; Emmanuel Poyen, président de la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) de la Nièvre ; Jean-François Lemaitre, président de la CMA de l’Yonne ; Denis Thuriot, maire de Nevers et président de Nevers Agglomération ; Isabelle Bonnicel, maire de Varennes-Vauzelles ; Perrine Goulet et Patrice Perrot, députés ; Alain Lassus, président du Conseil départemental.
X