Clef de voûte de l’association des Villes sanctuaires en France, Nevers a accueilli pour la première fois le séminaire national Tourisme et Spiritualité d’Atout France, qui assure la promotion de la France dans le monde. Alors que le pèlerinage s’efface au profit du concept de tourisme spirituel, les places fortes comme Lourdes, Nevers (200 000 personnes par an à l’Espace Bernadette) ou Lisieux et les sanctuaires plus modestes questionnent leur attractivité et revisitent leur communication.

Aussi vieux ou presque que les religions, le pèlerinage n’a pourtant pas échappé au souffle de la remise en question. Le séminaire du « cluster » (groupe de travail) Tourisme et Spiritualité d’Atout France, l’agence de développement touristique de la France à l’étranger, organisé pour la première fois à Nevers, du 1er au 3 octobre, a cogité sur le tourisme spirituel et non sur le pèlerinage. Un changement qui n’est pas seulement sémantique : « La typologie a changé, il n’y a plus de pèlerinage pur. On cherche désormais à toucher les familles avec enfants, il y a également toute la tendance au retour sur soi, des gens en quête de ressourcement », expliquent Sandrine Papini, présidente du cluster, et Sophie Mandrillon, chargée du pôle Art de vivre d’Atout France.

Pour Nevers, Lourdes, Lisieux et les autres membres de l’association Villes sanctuaires en France (l’un des piliers du cluster Tourisme et Spiritualité), la réflexion s’impose, depuis des années, pour mieux capter une population touristique plus hétérogène – et exigeante : « Le cluster nous permet d’échanger sur nos expériences. Nous devons définir un ADN spécifique, sur des valeurs autour de la famille, du patrimoine, de l’histoire. »

Le cluster aide aussi les villes sanctuaires à communiquer à travers le monde ou à accueillir des tour operators et des médias étrangers : « Nous allons sur des marchés lointains, comme l’Asie du Sud-Est ou l’Amérique du Sud, où le catholicisme est très présent – 80 % au Mexique, 90 % aux Philippines, par exemple », précisent Sandrine Papini et Sophie Mandrillon. Dans ces régions du globe, le pèlerin est volontiers épicurien : « La recherche de la spiritualité n’est pas contradictoire avec la gastronomie. On veut toucher les gens qui sont allés plusieurs fois à Paris, pour les faire venir en province. C’est un travail de longue haleine, auprès de la presse et du grand public. » Sur le plan de l’art de vivre, la Bourgogne a une carte à jouer, avec ses villes sanctuaires (Nevers, Vézelay, Paray-le-Monial), de divines routes des vins et une collection de grandes tables sanctifiée par les bibles gastronomiques.

A Nevers, environ 200 000 personnes viennent chaque année se recueillir devant la châsse de Bernadette Soubirous. « L’Espace Bernadette et la Ville de Nevers, par le biais de son office de tourisme, travaillent main dans la main, depuis plus de vingt ans, pour que les pèlerins soient accueillis aussi bien que possible lors de leur étape à Nevers, pour qu’ils en gardent un souvenir lumineux, à la hauteur de leur aspiration », a souligné Xavier Morel, adjoint au maire en charge du tourisme et de l’attractivité, lors du cocktail de bienvenue organisé pour la trentaine de séminaristes au Palais ducal. « L’attractivité touristique est un enjeu primordial pour toutes les collectivités. C’est encore plus vrai pour une ville comme Nevers, qui se bat jour après jour pour inverser la courbe du déclin démographique et économique. Notre ambition est non seulement de faire venir des touristes, qu’ils soient pèlerins, amateurs d’art et d’histoire ou cyclos en voyage le long de la Loire, mais aussi – et surtout – de leur donner envie de rester parmi nous le plus longtemps possible. Nous avons les arguments pour y parvenir, je suis persuadé que vous en serez tous et toutes convaincus à l’issue de ce séminaire. »

X