Dans quelques jours, la première promotion de la classe préparatoire intégrée fera son entrée à l’École nationale des finances publiques (ENFIP) de Nevers. Les 22 stagiaires, dont 19 Nivernais, ont été recrutés selon des critères sociaux : plafond de ressources, demandeur d’emploi, etc. Une façon de réactiver l’ascenseur social et d’introduire un peu de diversité dans le monde des finances publiques.

Badge CPI (classe préparatoire intégrée) sur le cœur, comme ses collègues de promotion, Laurie a fait sa pré-rentrée rue de Gonzague, à Nevers, à l’École nationale des finances publiques (ENFIP). La Cosnoise de 32 ans retrouvera dans quelques jours le rythme scolaire oublié depuis son BTS Informatique de gestion : « Il va falloir se remettre dedans », souffle la jeune femme, passée par l’administration, le secrétariat, le commerce, et qui compte sur la « prépa » de l’ENFIP pour quitter les statistiques de Pôle emploi. « J’ai travaillé au Centre des finances publiques de Cosne. Cette formation, c’est une opportunité de réussir le concours. »

Au bout des 150 heures à l’ENFIP, étalées de mai à février prochain, c’est un poste de contrôleur des finances publiques que briguent les 22 stagiaires de la classe préparatoire intégrée de Nevers. Le concours externe, en 2019, proposera 700 à 800 places au niveau national ; suivre les cours d’une CPI donne 40 % de chances de succès, soit trois fois plus que pour un candidat lambda. A l’instar de Laurie, 16 des 22 stagiaires sont issus des rangs de Pôle emploi, qui a, dans la Nièvre, activement préparé la naissance de cette formation – 800 demandeurs d’emploi repérés et contactés, 40 aux réunions d’informations collectives –, en partenariat avec l’ENFIP et l’Université de Bourgogne Franche-Comté.

Demandeurs d’emploi, habitants des quartiers prioritaires de la ville (QPV) ou des zones de revitalisation rurale (ZRR) pour dix d’entre eux, les stagiaires de la CPI (1) ont en commun d’avoir été recrutés selon des critères sociaux. L’illustration d’une « politique générale menée en faveur de la diversité » qui exige néanmoins des bases scolaires solides – bac au minimum, bac + 3 pour certains élèves. Issus de tous horizons professionnels, 33 ans de moyenne d’âge, les pionniers de la CPI sont presque tous nivernais (19 sur 22).

 

Une école active et méconnue

 

Leurs parcours hétérogènes, souvent marqués de l’empreinte du chômage, enrichiront la palette plutôt monochromatique des agents des Finances publiques. Sans révolutionner le métier, ils apporteront peut-être une qualité d’écoute différente, une empathie imprégnée de leur propre histoire. Tel était, du moins, le souhait exprimé par les responsables de l’ENFIP et de la direction départementale des Finances publiques lors de la signature de la convention de trois ans avec Pôle emploi, en présence de Denis Thuriot, maire de Nevers et président de Nevers Agglomération. Celui-ci a salué cette nouvelle formation qui « donne un éclairage nouveau » sur une école « pas assez connue ».

Ouvert en 1994, le Centre de formation professionnelle des Finances publiques doit son implantation neversoise à Pierre Bérégovoy, alors Premier ministre après avoir été ministre des Finances, qui avait posé sa première pierre en mars 1993. Le 6 rue de Gonzague accueille avant tout des sessions de formation continue, notamment pour les cadres supérieurs. En 2017, 4 500 stagiaires sont passés par Nevers, avec des retombées appréciables pour l’hôtellerie locale (18 762 nuitées).

 

(1) Initiées en 2005, les classes préparatoires intégrées ont pour vocation de favoriser la diversité des recrutements dans la fonction publique, au profit des étudiants boursiers et des demandeurs d’emploi.

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