Coup d’essai, coup de maître : Tilit™, la literie high tech et éco-responsable des Meubles Despont (Varennes-Vauzelles), a décroché la médaille d’argent au Concours Lépine, début mai. Son jeune inventeur, Nicolas Despont, déborde d’ambition, comme son grand-père et son père avant lui, pour donner un avenir « king size » à l’entreprise familiale, en y associant la Nièvre… et la planète.

Posé à la verticale, sur l’un de ses coins, squelette de lattes à l’air, le sommier Tilit accueille le visiteur des Meubles Despont. Juste en face du sas d’entrée, où les réclames d’après-guerre vantant les meubles R. Despont, alors sis Grande-Rue à La Charité-sur-Loire, exaltent une histoire familiale en bois massif.

Après son grand-père, René-Emile, tapissier saisi de l’envie de vendre des meubles, et son père, Didier, qui transfère en 1986 l’affaire charitoise dans 2 000 m2 de locaux en bordure de Nationale 7 sur l’actuel parc d’activités de Varennes-Vauzelles-Garchizy, Nicolas Despont écrit le troisième chapitre depuis trois ans et imprime son style. Celui d’un diplômé des Arts et Métiers qui a tourné le dos à une prometteuse carrière d’ingénieur et choisi la Nièvre, Varennes-Vauzelles, les Meubles Despont, il y a trois ans, à 24 ans : « Je me destinais à l’industrie mais j’ai saisi l’opportunité de gérer l’entreprise et de la développer à ma manière. »

Une génération pour créer, une pour développer, une pour inventer – et se réinventer. Avec brio : première participation au Concours Lépine – la Champion’s League des inventeurs – et première médaille, d’argent, pour Tilit, un sommier sur-mesure pour lequel Nicolas Despont a fait tourner son savoir de gadzart (ancien des Arts et métiers). « Je l’ai développé avec un algorithme, qui permet d’adapter les lattes en fonction de la morphologie du client », explique-t-il. « Dans l’entreprise, nous fabriquions des sommiers, mais je voulais arriver à un meilleur rendement. »

Surtout, le jeune patron concilie innovation, valeurs de l’économie sociale et solidaire, et attachement à la Nièvre : « La fabrication de Tilit est 100 % nivernaise. J’ai conclu un partenariat avec l’ESAT Fernand-Poirier, de Nevers, qui a un très beau parc de machines à bois, pour leur sous-traiter l’usinage. » Amovible et lavable, l’enveloppe des sommiers est conçue avec des tissus d’Eurosit : « Jean-Pierre Alaux, directeur général, et Christophe Robillard, responsable du site de production, sont vraiment nos parrains. Cela leur tenait à cœur de voir d’autres entreprises se développer dans le secteur de l’ameublement. »

Quant au bois, s’il n’est pas issu des forêts nivernaises mais des massifs jurassien et vosgien, c’est une entreprise de Varennes-Vauzelles, Avantage Bois, qui le fournit aux Meubles Despont : « En creusant un peu, on trouve une mine d’or dans la Nièvre », sourit Nicolas Despont, rétif à la « niévrose » : « J’ai envie de faire rayonner le département. La médaille au Concours Lépine est un premier pas pour vendre dans toute la France, toucher le marché parisien. Elle va rassurer le client. » Et donne de l’assurance à l’inventeur : « On veut devenir des fabricants de literie, redynamiser la filière. Il y a quand même eu une usine Epeda à La Charité », s’enthousiasme celui qui se verrait bien mettre ses pas dans ceux de son grand-père, « fabricant de matelas et sommiers ».

A l’époque, un couple achetait souvent un lit pour la vie. Tilit renoue avec cet esprit, labellisé éco-consommation : « C’est un sommier à vie. Je suis contre l’obsolescence programmée, qui est au détriment de la planète. Mon grand-père a connu les Trente Glorieuses, j’aimerais connaître les Trente Eco-glorieuses. La clientèle est sensible à l’éco-conception et au made in France. » Un engouement sur lequel Nicolas Despont compte pour faire décoller sa capacité de production, actuellement estimée à 60 sommiers par mois.

Autour de Tilit, que l’entreprise peut pousser à plus de 2 x 2 m pour contenir le gabarit des basketteurs charitois et des rugbymen neversois, une gamme de têtes de lit a vu le jour ainsi que des matelas : « On a fait un prototype à mémoire de forme, avec un fabricant français, et on travaille sur un projet de matelas à ressorts. » L’atelier où s’activaient deux monteurs est désormais trop petit : « On va agrandir dans les prochains mois, pour passer de 400 à 600 m2 en septembre. » La couturière qui campe dans un coin de l’espace de vente sera ainsi à son aise : « On a développé une forte compétence couture en interne. Mon objectif, c’est d’avoir une couturière à temps plein. »

D’autres projets et ambitions affluent déjà, tenus secrets dans un rougissement fier et embarrassé par un inventeur qui ne veut pas arrêter l’aventure au pied du lit.

Contact: 03.86.38.00.00.

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