Rien n’était à jeter dans la Journée D’REVE - Agglomération de Nevers

Organisée par Nevers Agglomération, la 3e Journée D’REVE (don, réparation, échange, vente d’occasion) a attiré environ 400 personnes dans le parc Salengro, à Nevers. Une affluence en très nette progression par rapport à l’édition 2017, qui s’explique par le changement de lieu, une communication renforcée et des animations originales, qui ont donné un tour enjoué au concept de seconde vie des objets.

Stoïque sous sa perruque de DJ anachronique en plein samedi après-midi, Cyrille Berger anime jusqu’aux derniers feux de la Journée D’REVE sa Disco Miam, un stand qui transforme des légumes et fruits invendus en smoothies ou en soupe – et en musique. Sous l’œil parfois interloqué des passants attirés par le rythme et la promesse d’une dégustation gratuite d’un cocktail fraise-banane-poivron ou de tartine chou rouge-vinaigrette.

« Ils sont vraiment pourris, vos fruits ? », demande un ado dubitatif devant une affichette au second degré. Rien de pourri, juste des invendus de l’épicerie solidaire rescapés de la benne. Un art d’accommoder les restes qui a séduit : « On a fait 40 litres de smoothies, 8 litres de soupe, du guacamole. Et on offre des légumes aux gens », détaille Cyrille Berger. Le graphiste neversois et militant de l’antigaspillage est ravi de réveiller la recette de la Disco Soupe pour la Journée D’REVE : « On avait organisé la première en 2013, dans le quartier Saint-Etienne, mais on n’en faisait plus depuis un an et demi. Je suis DJ et j’adore cuisiner, c’est comme ça qu’est née la Disco Soupe. »

Son voisin de stand, Julien Nillot, met la dernière touche à une installation de déchets pendus à des fils qui prennent sens, grâce à un projecteur, en ombre portée sur un drap blanc : la silhouette d’une chaussure de running. L’œuvre collaborative, fabriquée sur la journée par les spectateurs, a recyclé des déchets récupérés sur le parcours de Courir à Nevers. Une initiative dans le droit fil des actions organisées par la jeune association Interzone, créée dans le quartier Saint-Etienne pour promouvoir « la médiation scientifique et culturelle et l’éducation populaire », selon Julien Nillot, président : « Nous avons mis en place un café réparation et nous fabriquons du matériel de musique. »

En face, le Troc vert tenu par l’association garchizoise Culture de paix a été dévalisé : « Nous avions apporté 50 plants de tomate, il nous en reste cinq », constate René Champignac. Cornichons, concombres, courgettes, thym, menthe ou persil ont trouvé preneurs : « C’est beaucoup mieux que l’an dernier. On a vu des gens revenir, l’habitude est prise. »

En passant du quai de Médine au parc Salengro, la Journée D’REVE a dopé sa visibilité. Animatrice Territoire zéro déchet zéro gaspillage à Nevers Agglomération, Mathilde Musset dresse un bilan pimpant d’un rendez-vous dédié à la seconde vie des objets. Donner, réparer, échanger, vendre d’occasion : les actions qui forment le sigle de la Journée D’REVE ont réuni environ 400 personnes : « Il y avait 47 exposants au vide-greniers, 14 au Village réparation. » La gratiferia, qui invitait chacun à apporter des objets ou à en prendre gratuitement, a elle aussi été appréciée. « L’emplacement est plus visible mais nous avons aussi amplifié la communication, et le bouche à oreille a été efficace », souligne Mathilde Musset. La préparation et la réalisation de cette journée ont impliqué, à Nevers Agglomération, le service Déchets, le service Communication et l’Équipe d’intervention technique. La Ville de Nevers a apporté un précieux renfort, notamment grâce au service Logistique.

Pour l’édition 2019, la Journée D’REVE va « continuer à grandir petit à petit », assure l’animatrice. Un concours de recyclage de textiles, avec défilé de mode, fait partie des pistes de croissance.

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