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De plus en plus de seringues sont retrouvées dans les espaces publics de Nevers Agglomération et dans les sacs de déchets recyclables (voir Le Magg n°46). Elles constituent un danger pour les habitants et pour les agents travaillant au centre de tri, alors qu’une filière de collecte et d’élimination des déchets d’activités de soin à risques infectieux (Dasri) a fait ses preuves. Analyse de Philippe Cordier, conseiller communautaire, adjoint au maire de Nevers en charge de la santé, et médecin.

Espace public. « Nous avons constaté qu’il y a de plus en plus de seringues partout. Dans les espaces publics, et même dans des lieux fréquentés par les enfants, comme les aires de jeux du parc Roger-Salengro. On en trouve aussi près de la porte du Croux, ou dans les appartements libérés à la cloche de bois. »

Erreur d’aiguillage. « Mais cette augmentation du nombre de seringues n’est pas uniquement due aux personnes souffrant d’addictions. Sur notre territoire, il y a aussi des diabétiques, des gens qui suivent des traitements pour lesquels il faut des seringues. Le problème, c’est que certains n’utilisent pas les containers adéquats, les boîtes jaunes qui servent à collecter les déchets d’activités de soins à risques infectieux (Dasri) ; ils mettent les seringues dans des bouteilles d’eau, et quand celles-ci arrivent au centre de tri, elles éclatent. C’est une source de danger, d’ailleurs plusieurs agents ont été blessés. »

Campagne. « Nevers Agglomération avait organisé une campagne de communication à ce sujet, il y a plusieurs années. Comme nous constatons une inflation des problèmes (près de 4,000 aiguilles sont retrouvées dans des sacs de tri ou des bouteilles plastiques, NDLR), il nous a semblé nécessaire de faire une piqûre de rappel. D’autant plus que la population en auto-traitement est en hausse sur notre territoire. Nevers Agglomération va donc prochainement refaire une campagne de communication, avec un affichage et des flyers, notamment dans les cabinets médicaux. »

Partenaires. « Nous travaillons sur cette question avec le conseil de l’ordre des médecins, afin d’inciter les médecins à prescrire systématiquement une boîte de collecte en même temps que des seringues d’auto-traitement. Le message est bien passé. Nous sommes également en lien avec le conseil de l’ordre des pharmaciens, puisque les boîtes jaunes sont délivrées en pharmacie, ainsi que Resedia (réseau de prise en charge des diabétiques dans la Nièvre, NDLR). »

Distributeurs. « Nous étudions la possibilité d’installer des distributeurs de seringues ; les personnes pourraient y déposer leurs seringues usagées dans un tiroir et récupérer un kit. Cela existe déjà dans d’autres villes. »

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