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A l’abandon depuis 2016, le Centre d’accueil universitaire (ex-Foyer de jeunes travailleurs) disparaît peu à peu du paysage du faubourg du Mouësse, à Nevers, entre les mâchoires d’une pince de démolition. Le bâtiment et sa parcelle ont été donnés par la Ville à Nièvre Habitat, qui construira là 25 logements dans le cadre du programme de renouvellement urbain du Banlay.

En retrait du 57 faubourg du Grand-Mouësse, le bâtiment du Centre d’accueil universitaire (CAU) n’est plus qu’une coquille vide de béton armé. L’ancien Foyer de jeunes travailleurs aux 200 chambres, construit au début des années 1970, a été curé, vidé de tout ce qui pouvait être recyclé – y compris par des pillards repartis notamment avec un escalier métallique de quatre étages… – et désamianté.

L’ultime étape, la démolition, a débuté lundi 14 janvier, sous le regard des représentants de Nièvre Habitat et de la Ville de Nevers. Une « dépose de première pierre » sans l’émoi ni la foule qui accompagnent souvent la destruction de l’habitat collectif : point de tranches de vie familiale dans le CAU, mais des épisodes brefs, obligés, dont la nostalgie n’a attiré aucun ancien pensionnaire pour voir à l’œuvre la pince de démolition de l’entreprise bisontine Cardem-Cueno-Demat. En quelques minutes, les mâchoires implacables du crotale mécanique dévorent un pignon, sans effort ; il faudra une dizaine de jours à l’engin pour anéantir le bâtiment. Les gravats seront concassés, puis évacués d’ici fin mars vers une plateforme de stockage, puis recyclés en remblai.

Histoire de boucler la boucle, certains de ces gravats reviendront peut-être au 57 faubourg du Grand-Mouësse pour y être enfouis sous les logements que construira, dans les prochaines années, Nièvre Habitat. Celui-ci a en effet hérité du CAU et de sa parcelle de 1,4 hectare, donnés par la Ville de Nevers. Objectif commun pour la collectivité et l’office HLM départemental, faire revivre une friche vacante depuis 2016 en y construisant 25 logements dans le cadre du vaste Programme de renouvellement urbain (PRU) du quartier du Banlay (1).

Le partenariat est dans l’air du temps gagnant-gagnant : l’esthétique du quartier du Mouësse verra disparaître une « dent creuse », avantageusement remplacée par « du logement social de qualité », selon le président de Nièvre Habitat, Jacques Legrain. « C’est un quartier qui peinait à évoluer », rappelle Denis Thuriot, maire de Nevers. « Notre souhait est de faire revenir des habitants en cœur de ville, et ici nous en sommes tout près, nous sommes sur un axe structurant de transports, cela devrait intéresser les gens. C’est toujours un peu triste de voir quelque chose déconstruit, mais il faut regarder vers l’avenir. »

Le coût de la démolition (406 000 €) est financé en fonds propres par Nièvre Habitat, qui a pu bénéficier, pour cette opération, du dispositif RIAD (Remise des intérêts actuariels pour les démolitions) de la Caisse des dépôts. La construction des 25 logements est estimée à 3,7 M€ environ.

 

  1. 70 M€ seront consacrés à ce plan qui modifiera en profondeur la vie du plus grand quartier de Nevers, avec, entre autres, la démolition de plus de 400 logements et la reconstruction d’une centaine, dont la moitié hors du quartier.
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