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Le bonheur de la lecture n’est pas accessible à tous. Soucieuse de devenir une terre hospitalière aux « précaires linguistiques », la médiathèque Jean-Jaurès a adopté le dispositif national « Facile à lire », en aménageant un espace dédié en plein cœur de ses locaux et en instaurant des partenariats avec les structures qui accompagnent les personnes les plus éloignées de la lecture. Un apprivoisement mutuel de longue haleine s’engage, primordial et passionnant.

Gourmande, enthousiaste, la lecture à plusieurs voix qui refermait l’inauguration de l’espace « Facile à lire » de la médiathèque Jean-Jaurès à Nevers, mi-février, confirmait l’évidence : les livres sont des promesses de ravissement, de réflexion, des gisements inépuisables d’émotions. Tout un monde interdit aux victimes de la « précarité linguistique », touchées par l’illettrisme, la dyslexie et autres troubles de l’apprentissage, qui ne franchissent pas, ou très rarement, les portes de l’ancien couvent transformé en temple de la lecture publique.

« La médiathèque est un espace pour tous, y compris pour ceux qui pensent que la lecture n’est pas pour eux », a rappelé avec ferveur Isabelle Bayet-Blaessinger, directrice de la médiathèque Jean-Jaurès. « C’est un grand plaisir d’inaugurer cet espace, car nous sommes au cœur de nos missions de bibliothécaire. J’ai l’espoir, la conviction que nous allons faire bouger les lignes. »

En intégrant le dispositif national « Facile à lire » (1), la médiathèque Jean-Jaurès s’attaque à l’exclusion linguistique par plusieurs fronts. Le plus visible est l’implantation, en plein centre de la bibliothèque, d’un meuble fabriqué par les menuisiers de la Ville de Nevers et débordant d’ouvrages « adaptés au public visé » : livres, albums, mais aussi DVD qui peuvent déclencher l’envie de passer du film au livre. Aussi beau soit-il, avec ses livres présentés de face et non par la tranche pour mieux attirer l’œil, le meuble « Facile à lire » n’a de sens que s’il s’accompagne de médiation et de partenariats avec les associations et structures engagées aux côtés des non-lecteurs : Mission locale, plateforme ASCALI, Association familiale de prévention et de lutte contre l’illettrisme, etc.

« Ce sera un travail de longue haleine », reconnaît Isabelle Bayet-Blaessinger. La tâche est ample : au niveau national, 16 % des 18-65 ans sont en délicatesse avec l’écriture, la lecture ou la compréhension de textes simples, et, avec 14,4 % de jeunes en difficulté avec la lecture, la Nièvre est le 3e département le plus touché en France, comme l’a détaillé Jacques Francillon, adjoint à la culture, dans son allocution. « Toute une frange de la population est écartée de la lecture, qui est une clef essentielle de l’inclusion dans notre société », a-t-il souligné : « La lecture chasse l’ennui, elle permet de s’imprégner de la pensée des autres. Elle est « la porte ouverte sur un monde enchanté », disait François Mauriac. »

L’élu neversois a rappelé que le défi de l’accessibilité à ce « monde enchanté » est l’épine dorsale du Contrat territoire-lecture conclu récemment entre Nevers Agglomération et l’Etat pour « développer la lecture publique et la fréquentation des lieux de lecture ». Chaude, lumineuse et rassurante, la médiathèque Jean-Jaurès est, selon Jacques Francillon, un « lieu magique » ; l’éradication de la précarité linguistique serait son plus beau tour.

 

  1. Soutenue par le ministère de la Culture, l’Association des bibliothécaires de France, l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme et la Fédération interrégionale du livre et de la lecture.
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