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Longtemps le bus fut la seule alternative à la voiture individuelle dans l’agglomération de Nevers. Vélo, autopartage, covoiturage, etc. : le « peloton » des mobilités douces est désormais en plein essor.

Symbole de réussite sociale et d’indépendance, la voiture individuelle a connu des décennies de règne sans partage que la prise de conscience environnementale (pollution, tarissement des énergies fossiles, réchauffement climatique) ébranle peu à peu, et inéluctablement. De l’auto…suffisance absolue à l’autopartage banalisé, le chemin est encore long mais l’agglomération de Nevers s’attache à le tracer.

En quelques années, sous l’impulsion de la loi MAPTAM (Modernisation de l’action publique territoriale et de l’affirmation des métropoles) de 2014, les communautés d’agglomération ont été promues autorités organisatrices des mobilités. Traduction : Nevers Agglomération doit organiser le service public de transport et développer les mobilités alternatives à l’utilisation individuelle de la voiture.

Précédemment, tel M. Jourdain, le territoire faisait de la mobilité alternative sans le savoir, en créant un réseau de transports urbains, sous l’égide d’un syndicat intercommunal. A sa naissance en 2003, la communauté d’agglomération de Nevers intègre naturellement dans sa soute la compétence Transports en commun, charpentée l’année suivante par un travail concerté de déplacement urbain. Celui-ci sert de feuille de route aux élus et services communautaires, via un programme d’actions qui adapte le réseau aux besoins des usagers.

De retouches en ajustements, le service de transports urbains a atteint au fil du temps un niveau de maturité, en prenant pour moteur l’usage scolaire, qui a structuré le réseau et en inspire les modifications selon les variations démographiques (extension d’une ligne jusqu’à Germigny-sur-Loire l’an passé, par exemple). Il a également « digéré » la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, avec le déploiement d’un système d’information dynamique et l’adaptation des arrêts, ainsi qu’un transport à la demande pour les personnes à mobilité réduite qui ne peuvent accéder aux bus. Tous les deux ans, Nevers Agglomération mène des enquêtes de satisfaction auprès des usagers pour évaluer l’efficacité des aménagements et sonder les attentes.

Parallèlement, le concept de mobilité alternative a gagné en consistance. Objectif : montrer, en paraphrasant l’altermondialisme, qu’« un autre mode est possible », qu’il y a une vie hors de l’habitacle automobile. Le bon vieux « biclou » retrouve ses lettres de noblesse. Elaboré en 2015, validé en 2016, le Schéma directeur cyclable de Nevers Agglomération préconise la prise en compte du vélo dans les aménagements urbains. Si chaque commune reste maîtresse sur ses terres, la création d’aménagements intercommunaux voit l’agglomération entrer en piste, pour l’ingénierie (maîtrise d’ouvrage, études pré-opérationnelles) et pour le financement des aménagements cyclables à hauteur de 50 %.

Lauréate d’appels à projets de l’ADEME en 2019, l’Agglomération a recruté un chargé de mission « vélo-mobilités actives » et obtenu des subventions pour la liaison Nevers-Varennes-Vauzelles par la rue des Grands-Jardins. D’autres aménagements sont au stade de l’étude pré-opérationnelle sur Coulanges-lès-Nevers, Varennes-Vauzelles et Nevers. Le tout s’orchestre dans le dialogue avec les usagers, qu’ils s’expriment à titre individuel ou au sein d’associations. L’échange s’enrichit même avec la création par Nevers Agglomération d’un comité des partenaires qui regroupe les acteurs économiques, les associations intervenant dans le champ de la mobilité, etc.

Du côté de la Ville de Nevers, l’essor des alternatives au tout-voiture est pris à bras-le-corps depuis plusieurs années par les élus, qui devancent l’évolution des mentalités : « On ne sent pas une demande forte de développement des mobilités douces, reconnaît Bertrand Couturier, adjoint délégué aux mobilités. Changer les habitudes, c’est un vrai sujet, c’est compliqué. Mais il y a sur le territoire de la ville et de l’agglomération une forte volonté d’engager des projets structurants de continuité cyclable. En créant ces aménagements et en les sécurisant, nous donnerons aux gens l’envie d’utiliser davantage le vélo. »

Epineux problème à Nevers comme ailleurs, la coexistence des voitures et vélos est un enjeu central, dont l’expérimentation menée rue de Charleville (chaussée à voie centrale banalisée) est une des dernières illustrations en date : « Aux heures de pointe, cela peut être dangereux d’être à vélo, d’autant plus que les automobilistes doivent aussi avoir un œil sur les trottinettes électriques, désormais », constate l’élu neversois. Un diagnostic est engagé par la Ville et l’Agglomération pour « comprendre les usages » mais aussi faire le lien entre mobilité et attractivité du centre-ville.

« En 2022, nous allons porter l’effort sur les parkings relais, pour rendre l’offre plus lisible », ajoute Bertrand Couturier, qui voit le covoiturage et l’autopartage comme des avancées encourageantes. A poursuivre, dans le champ cette fois-ci des transports de marchandises en ville : « Nous avons été retenus dans une étude nationale sur le dernier kilomètre (de livraison) en villes médianes. »

Créer les conditions du changement des mentalités est également au cœur de la démarche de Nevers Agglomération, qui depuis 2016 accorde des aides à l’achat de vélo (électrique, standard, occasion), au rythme de 250 à 300 par an. Le déploiement d’abris vélos est une autre expression de cette politique, qui regarde désormais au-delà des trajets domicile-travail : le nouveau Schéma directeur cyclable, qui entrera en vigueur en 2022, prendra ainsi en compte les loisirs et le tourisme. Quant à la sensibilisation des plus jeunes, elle occupe une part centrale dans une action financée par Nevers Agglomération en direction des collèges, via l’établissement de plans de déplacement des élèves, professeurs, personnels administratifs et parents qui seront expérimentés pendant deux ans sur les collèges Victor-Hugo (Nevers) et Henri-Wallon (Varennes-Vauzelles).

Les voitures se partagent

Votée en 2019, la loi d’orientation des mobilités permet aux collectivités de subventionner le covoiturage, jusqu’à présent davantage répandu dans les grandes métropoles mais plus timide dans les territoires médians. Un feu vert qui se traduit, à l’échelle de Nevers Agglomération, par une expérimentation d’un an menée depuis cet automne avec la société québécoise Netlift ; un premier bilan sera dressé en avril.

Autre approche de l’usage automobile, l’autopartage est suivi de près par l’agglomération, qui soutient la société cosnoise LC Reprog dans son développement du service Locigo lancé en décembre en plusieurs points de Cosne et de Nevers.

Un trait d’union entre deux villes

Si Nevers et Varennes-Vauzelles ont développé sur leur territoire des aménagements cyclables, il manque un chaînon entre les deux villes. C’est pour gommer cette absence qu’une liaison de 1,5 km a été décidée en empruntant la rue des Grands-Jardins. La création d’une voie verte dédiée aux cyclistes a été choisie pour sécuriser la circulation sur un axe qui voit passer 8 500 véhicules par jour.

Le projet, qui doit aboutir en 2022, facilitera les trajets entre le centre-ville de Varennes-Vauzelles, les gares, le quartier Cobalt et la zone commerciale des Grands-Champs. Cofinancés par les deux villes, l’Agglomération, l’Etat et la Région, les aménagements s’élèvent à 360 000 €.

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