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Nevers et la Nièvre l’espéraient depuis longtemps pour enrayer une désertification médicale galopante : à la rentrée universitaire 2020, le site Cobalt accueillera des étudiants en première année du Portail santé (ex-Première année commune aux études de santé, PACES). La nouvelle a été officialisée par le doyen de la faculté Sciences de santé, le professeur Marc Maynadié, en visite à Nevers mercredi 23 octobre.

Ils sont venus, ils sont tous là. Elus, représentants du monde médical, de l’enseignement supérieur : le comité d’accueil est copieux pour la venue du doyen de l’UFR (Unité de formation et de recherche) Sciences de santé de Dijon, Marc Maynadié, en repérage à Nevers pour l’ouverture de la première année du Portail santé (ex-Première année commune aux études de santé, PACES).

Dans la vaste cour de l’ancienne caserne Pittié, sortie du coma pour devenir l’hyperactif site Cobalt, la mobilisation en forme d’union sacrée exprime mieux que les mots l’attente de la Nièvre. « Je suis très impressionné en vous voyant aussi nombreux », sourit le professeur à l’issue de la visite des bâtiments rénovés, en chantier ou en attente d’une réhabilitation imminente, dans lesquels les étudiants s’installeront.

Massif, motivé, le comité d’accueil a été persuasif. Alors que Marc Maynadié était arrivé à Nevers en évoquant une ouverture de la première année en 2021, il est reparti à Dijon avec un agenda chamboulé, et une installation avancée à septembre 2020. « On sera prêts pour 2020, il n’y a pas de raison de repousser d’un an de plus cette ouverture. Cela fait tellement longtemps qu’on l’attend », a plaidé Denis Thuriot, maire de Nevers et président de Nevers Agglomération.

« Cette ouverture d’une première année d’études de santé à Nevers, c’est effectivement une question qui traîne dans les dossiers de l’UFR depuis des années », reconnaît Marc Maynadié. « Jusqu’à présent, les moyens techniques et humains n’étaient pas au rendez-vous. » La réforme des études de santé, avec la suppression du numerus clausus et du couperet impitoyable du concours en fin de PACES, a changé la donne. Rien n’empêche désormais une UFR de délocaliser son enseignement dans une antenne, grâce à des cours retransmis en visioconférence ou en streaming.

A la pointe des équipements numériques, impeccablement rénovés, les locaux de Cobalt ont eux aussi « impressionné » le doyen : « C’est un très beau site, vous avez tout ce qu’il faut. J’en serais presque jaloux. Est-ce qu’on ne pourrait pas transférer l’UFR à Nevers (rires) ? » Marc Maynadié a également été sensible au voisinage immédiat d’autres formations supérieures de santé, l’IFSI (soins infirmiers), l’IFEN (ergothérapie), en attendant l’école de kinésithérapie en septembre 2020. Sans oublier la gare à quelques hectomètres et le Centre hospitalier à 5 minutes en bus.

Si l’ouverture en septembre 2020 est désormais actée, le nombre d’étudiants qui poseront leur paquetage à Nevers n’est pas encore défini. Il le sera avec Parcoursup, en décembre-janvier. Seule certitude, une centaine d’élèves de Terminale des lycées publics nivernais ont manifesté cette année leur souhait de faire des études de santé. La création d’une formation à Nevers permettrait de capter ceux – les plus nombreux – qui partent étudier à Clermont-Ferrand. Elle aura aussi pour vertu d’inciter les jeunes Nivernais qui se l’interdisent (1) de se lancer dans ces études : « Une telle implantation limitera les stratégies d’évitement, ce sentiment que « tout ça n’est pas pour nous ». Les jeunes Nivernais pourront se dire « j’ai envie, je peux, j’essaye ». Cela ouvre des perspectives », souligne la préfète, Sylvie Houspic.

Avec un vivier de futurs médecins dans le département, le problème lancinant de la désertification médicale – plus sensible dans la Nièvre que partout ailleurs en France – trouvera un remède partiel. « Si les étudiants sont à Nevers, ils choisiront leurs stages en Bourgogne, et plus en Auvergne », assure le président de l’Ordre des médecins de la Nièvre, Thierry Lemoine, qui rappelle que la Nièvre a perdu « 32 % de ses médecins dans les cinq dernières années » et en perdra encore « 30 % au cours des cinq prochaines ».

Pour le Conseil départemental, qui militait depuis des années pour cette ouverture, l’annonce officielle est un événement : « De temps en temps, il y a de grands moments pour les élus, et ce jour en fait partie », s’est réjoui le président, Alain Lassus. « Cette première année ne règlera pas le problème de la démographie médicale, mais elle facilitera tout le travail que nous réalisons. Nous serons aux côtés de Denis Thuriot pour que tout soit fait afin que cette implantation devienne une réalité. »

Entre l’IFSI, l’IFEN, la future école de kinésithérapie et le Portail santé, ce sont environ 600 étudiants de la filière santé qui seront accueillis à Nevers à la rentrée prochaine. Le cap des 3 000 étudiants (2 750 actuellement) se rapproche.

  1. Le taux de bacheliers nivernais partant en études supérieures est nettement plus faible que les moyennes régionale et nationale.
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