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Chargée de la production et de la distribution de l’eau sur Nevers Agglomération (hors Nevers et Varennes-Vauzelles), la régie Eau a absorbé les nouvelles technologies numériques pour améliorer les performances de ses sites de production et de son réseau. Après la « révolution » de la numérisation, celle de la télésurveillance a fait progresser le rendement de façon spectaculaire. Reconnue, l’expertise de la régie du service Eau-Assainissement intéresse les collectivités locales et a convaincu un concepteur de logiciel de choisir l’agglomération comme site pilote.

La régie Eau de Nevers Agglomération a présenté son système de télégestion, élaboré avec la société Lacroix-Lab, lors du Sommet international de l’innovation en villes médianes (SIIViM) 2020, à Nevers.

Gestion d’une fuite sur la commune de Pougues les Eaux en 2020

Nous cherchons à être encore plus réactifs en nous appuyant sur une historisation et une analyse fine des données

Dominique Derangère

chef du service Eau-Assainissement, Nevers Agglomération

Lors du Sommet international de l’innovation en villes médianes (SIIViM), le 9 octobre 2020, le stand animé par la régie Eau de Nevers Agglomération a accueilli un flot ininterrompu de visiteurs. Des élus et techniciens de communes et d’intercommunalités, des spécialistes de la distribution de l’eau intrigués par la démonstration, à l’écran, d’une application de télégestion conçue par la société Lacroix-Lab et pour laquelle l’agglomération neversoise a été choisie comme site pilote.

Mené en coopération avec IS Data, spécialiste de la donnée, ce chantier à la pointe de l’innovation récompense et illustre le travail mené depuis plusieurs années par la régie Eau pour approfondir la connaissance et donc la performance de son patrimoine grâce aux nouvelles technologies. « Nous cherchons à être encore plus réactifs en nous appuyant sur une historisation et une analyse fine des données », expliquent Dominique Derangère, chef du service Eau-Assainissement de Nevers Agglomération, et Fabrice Paccamiccio, responsable de la régie Eau. « En améliorant la mise en corrélation de la production et du réseau, nous pourrons gagner du temps. »

Un temps précieux dans la recherche, la localisation et la réparation des fuites, et donc la quête du rendement aussi haut que possible pour le réseau. Celui dont la régie Eau a la charge représente 400 km de canalisations ; si leur remplacement au rythme d’1 % par an (soit 1 M€ de travaux) efface peu à peu les « points noirs » (1), la traque des casses et des fuites reste le meilleur moyen de maintenir et d’améliorer ce rendement. En quelques années, les équipements de télésurveillance et le développement de nouveaux outils numériques ont ainsi fait passer celui-ci de 70 à 90 % – soit plus de 200 000 m3 d’eau potable qui ne sont pas puisés en vain chaque année.

Avant cette « deuxième révolution » de la télésurveillance, une première était nécessaire : la numérisation du réseau de canalisations, entièrement reconstitué sous SIG (système d’information géographique) avec une précision de + 0,3 m. « Nevers Agglomération a investi 600 000 € pour la mener de 2015 à 2020, grâce à une subvention de 80 % de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne », précise Dominique Derangère. « Cette capitalisation du patrimoine a facilité l’accès à la connaissance du réseau, et au partage des informations. » Pour la télésurveillance, la toile des canalisations qui irrigue le sous-sol de l’agglomération a été équipée de 110 compteurs découpant le réseau en 120 « îlots de sectorisation » dont les informations journalières arrivent à jets continus sur les serveurs de la régie, dans le bureau de Fabrice Paccamiccio dont un mur est tapissé d’écrans.

La télésurveillance s’est appliquée également aux sites de production (captages et réservoirs), avec le logiciel PC Win 2 de Lacroix-Sofrel : « On est en full web, ce qui veut dire que le logiciel peut être interrogé de n’importe quel endroit par les agents de la régie, et qu’ils peuvent intervenir à distance sur les pompes et sur les vannes », détaille Fabrice Paccamiccio. « Bien entendu, toutes ces données sont cryptées pour garantir la confidentialité quand elles transitent entre les sites de production et le siège de l’agglomération. » Quatre agents ont été formés au maniement du logiciel en 2019, et d’autres le seront en 2021.

La régie Eau s’attelle à sa « troisième révolution », celle du rapprochement informatique avec le logiciel de facturation qui permettra de pousser un peu plus loin le curseur du rendement en s’appuyant sur la consommation des abonnés : « L’idée, c’est d’architecturer ce logiciel avec nos outils de télésurveillance. »

  1. Le renouvellement d’une partie des canalisations de la route de Lyon (sur Challuy et Sermoise) a fait gagner 100 m3 d’eau… quotidiens, qui jusqu’alors se perdaient en fuites dans le sous-sol.

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