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Venu à Nevers pour observer l’essor du numérique dans plusieurs commerces, Alain Griset, ministre délégué aux PME, s’est longuement entretenu avec les représentants des entreprises nivernaises sur l’impact économique et social de la crise sanitaire et les moyens d’en atténuer le choc.

Gérante de la mercerie Au Dé à coudre, Martine Réveillon a mis son cœur sur la table, face au ministre délégué aux PME, Alain Griset, venu la rencontrer, comme d’autres commerçants du centre-ville de Nevers, mardi 15 décembre. Si le développement du numérique était le motif officiel de la visite ministérielle, la crise sanitaire et ses conséquences économiques et sociales ont naturellement pris le dessus dans les discussions. « Le 26 novembre, nous avons fait 15 euros de chiffre d’affaires. J’en ai pleuré, et pourtant je ne suis pas dépressive », a confié l’énergique commerçante au ministre accompagné de Denis Thuriot, maire de Nevers et président de Nevers Agglomération, du préfet Daniel Barnier et de la députée Perrine Goulet.

Le quotidien des commerçants et artisans, les doutes, les inquiétudes, mais aussi la farouche envie de s’en sortir, Alain Griset s’y est confronté lors d’une longue visite de terrain placée entre une réunion en mairie et une table ronde en préfecture. Au programme déjà serré enchaînant la chocolaterie Ragueneau, Au Dé à coudre, la bijouterie Dornier et Bonbons Service, s’est rajoutée une étape révélatrice du climat chargé d’anxiété : quelques minutes d’entretien avec la patronne d’un salon de coiffure, au secret de l’arrière-boutique, pour remonter un moral ébranlé par les épreuves de 2020 et assurer du soutien de l’Etat.

Dans le salon de la préfecture, face aux représentants des chambres consulaires, des syndicats patronaux, des Vitrines de Nevers et du Grand Nevers et à deux commerçants de la ville, Alain Griset a répété ce message rassurant, après avoir laissé chacun exprimer ses sentiments, ses attentes. Celle, en premier lieu, d’une couverture en très haut débit et en fibre qui se hisse enfin à la hauteur des enjeux de la digitalisation des entreprises, dont les bienfaits ont été soulignés lors des deux confinements (Facebook live, télé-achat, marketplace, etc.). Celle, surtout, d’un horizon qui se dégage en 2021 : « On ne voit pas bien les perspectives économiques, tout le monde est inquiet, le climat est tendu », pour l’un, « besoin d’une vision un peu plus claire de ce qui va se passer » pour un autre.

Les dommages sur « la santé psychologique des dirigeants » sont évoqués sans faux-fuyant par le porte-parole d’un syndicat patronal. « Je ne sais pas combien de temps on va pouvoir tenir », s’alarme le représentant de l’hôtellerie-restauration. « Quand est-ce qu’on va rouvrir nos établissements ? » Le sentiment d’injustice face à l’ouverture de la grande distribution pendant les confinements affleure lui aussi : « Nos clients sont plus sécurisés dans nos petits commerces que dans les grandes surfaces », assure une commerçante.

Ayant soigneusement noté chaque doléance sur un grand cahier, Alain Griset répond point par point, en légitime défenseur de l’action gouvernementale : « Quand cette pandémie sera passée et qu’on fera le bilan, on verra que la France est le pays qui a le plus aidé son économie. Notre modèle de société est un modèle de solidarité. » Et d’assurer que le fameux « quoi qu’il en coûte » présidentiel a porté ses fruits, jusqu’à présent : « Au 15 décembre, même si la situation est difficile, nous avons moins de défaillances d’entreprise que l’an passé. 30 % de moins, parce que nous les avons accompagnées. J’espère qu’il n’y en aura pas davantage en 2021 que dans une année normale, et que notre tissu économique tiendra dès que tout cela sera derrière nous. »

Rappelant l’effort sur le Fonds de solidarité (porté de 1500 à 10000 €), les conditions souples de remboursement du Prêt garanti par l’Etat (PGE) ou le prolongement du soutien à l’activité partielle en 2021, le ministre s’est voulu lucide et apaisant : « L’inquiétude est légitime, mais elle est parfois supérieure à ce qu’elle pourrait être. On essaiera d’apporter le plus possible de solutions en nous adaptant à l’évolution de la pandémie. 90 % de notre économie fonctionnent, ne l’oublions pas. Ce qui nous inquiète, c’est ceux qui s’arrêtent, qu’il faut accompagner pour qu’ils n’aient pas le néant devant eux ; il faut qu’ils aient des perspectives. »

Quant à la digitalisation, pour laquelle 400 millions d’euros sont injectés (dont 100 millions pour les TPE et PME), Alain Griset en souligne les vertus mais aussi les limites : « Un commerce, ce n’est pas que de l’achat et de la vente. C’est une façon de vivre. Nous avons besoin de boutiques physiques, qui sont un lien social. C’est pourquoi nous ferons le nécessaire pour que chacun d’entre vous puisse tenir le coup. »

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