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Samedi 30 janvier, le Parcours d’accès spécifique santé (Pass) de Nevers a accueilli 45 lycéens et 40 parents lors de ses portes ouvertes. Médecin généraliste, chirurgien, kinésithérapeute… plusieurs professionnels neversois sont venus partager leur expérience d’ancien carabin et surtout la passion de leur métier. Un métier un peu plus accessible grâce à l’ouverture de cette première année d’études de médecine à Nevers, en septembre 2020, sur le site Cobalt.

Thierry Lemoine, médecin généraliste et président de l’Ordre des médecins de la Nièvre: « Un jeune qui veut faire ces études sans savoir le sacrifice qu’elles représentent échouera forcément. S’il n’est pas prêt à ça, il vaut mieux qu’il n’y aille pas. »

La demi-journée portes ouvertes du Parcours d’accès spécifique santé (Pass) de Nevers n’a pas souffert de la crise sanitaire ni de la réservation nécessaire pour un créneau de visite, samedi 30 janvier. Mieux, en accueillant 45 lycéens neversois et 40 parents, l’opération orchestrée par le service Enseignement supérieur de Nevers Agglomération a fait le plein, confirmant ainsi l’engouement que suscite cette première année d’études de médecine créée l’an dernier.

Après avoir bénéficié d’une présentation exhaustive du cursus et du contenu du Pass, les visiteurs ont pu s’entretenir avec plusieurs professionnels invités par Nevers Agglomération : Bérangère Laurent-Guéry, chirurgien viscéral et digestif ; Bénédicte Leterre, pneumologue ; Jacques Guéry, chirurgien orthopédiste ; Thierry Lemoine, médecin généraliste et président de l’Ordre des médecins de la Nièvre ; Franck Tabanelli, masseur-kinésithérapeute.

Avec un plaisir manifeste, ils ont plongé dans leurs souvenirs d’études de médecine, dont ils n’ont pas caché la complexité : « Un jeune qui veut faire ces études sans savoir le sacrifice qu’elles représentent échouera forcément. S’il n’est pas prêt à ça, il vaut mieux qu’il n’y aille pas », explique Thierry Lemoine. Neuf ans post-bac pour un médecin généraliste, jusqu’à treize ans pour un chirurgien (médecine, internat et clinicat), le cursus est d’une ampleur sans équivalent dans le paysage universitaire. Et franchir le goulet du redoutable concours en fin de première année n’est pas synonyme de suite tranquille des études : « C’est difficile tout le temps, car le volume de connaissances à acquérir est extrêmement important. »

A quelques mètres, Bérangère Laurent-Guéry confie : « Je n’ai pas gardé un souvenir atroce de ma première année à Paris. Les années d’internat ont été beaucoup plus dures, mais ce sont les plus belles années de notre vie; c’est dur physiquement, avec les gardes, mais en même temps on fait la fête, cela crée des liens qui durent. Le premier message que je donne aux lycéens, c’est qu’il faut être motivé, avoir la vocation et un bon niveau scolaire bien sûr. »

Par-delà les études, les professionnels de santé ont parlé de leur métier avec les lycéens et leurs parents. Thierry Lemoine a ainsi livré un plaidoyer pour le généraliste : « On ne fait jamais la même chose. Quand je vais chercher mon patient en salle d’attente, je ne sais pas s’il vient pour un problème de cardiologie, de rhumatologie, etc. Je peux recevoir un nourrisson de 15 jours puis un colosse de 1,90 m et 120 kg. L’autre intérêt, c’est le suivi des familles dans la durée. Ce côté humain est sympa (sic). »

Pour le président de l’Ordre des médecins, engagé dans la lutte contre la désertification médicale qui frappe la Nièvre plus intensément qu’ailleurs en France, l’ouverture du Pass à Nevers peut contribuer à « changer la donne » : « Le Pass dépend de la faculté de Dijon et non de Clermont-Ferrand, où vont les trois-quarts des Nivernais qui veulent faire médecine. Cela veut dire que les étudiants seront plus nombreux à faire leurs stages en Bourgogne, et donc dans la Nièvre. Or, on s’installe en priorité dans l’environnement que l’on connaît. »

La présence de la première année de médecine à Nevers est aussi une « chance », selon Thierry Lemoine, pour les jeunes Nivernais dont les statistiques font apparaître les difficultés à quitter le département pour les études supérieures : « Cette ouverture leur permet au moins d’essayer. Elle représente un ascenseur social formidable. »

Bérangère Laurent-Guéry acquiesce : « Cela peut permettre à des élèves qui n’ont pas la possibilité ou la volonté d’aller ailleurs d’accéder à ces études. Moi, quand j’avais leur âge, je trouvais ça bien de quitter le cocon familial et ma petite ville de province. Mais à l’époque nous étions tous en cours en amphi; ce n’est plus le cas maintenant, les étudiants sont beaucoup plus nombreux. Alors s’il faut partir dans une grande ville pour suivre des cours en visio, autant rester sur place. »

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